> À retenir : Le marché immobilier québécois devrait poursuivre sa croissance modérée en 2027, avec des hausses de prix prévues entre 2 et 5 % selon les régions. La détente des taux hypothécaires, la croissance démographique soutenue et un inventaire encore limité maintiendront la pression sur les prix, tandis que le segment des unifamiliales continuera de surperformer les copropriétés.
Alors que 2026 suit son cours, les acteurs du marché immobilier québécois se tournent déjà vers 2027. Quelles seront les grandes tendances ? Où les prix évolueront-ils le plus ? Quel sera l'impact des taux hypothécaires ? Voici nos prévisions fondées sur les données actuelles et les projections des principaux indicateurs économiques.
Le contexte macroéconomique en bref
Avant d'entrer dans les prévisions immobilières, il est essentiel de comprendre le cadre économique qui les sous-tend.
Croissance du PIB : L'économie québécoise devrait croître d'environ 1,8 à 2,2 % en 2027, un rythme légèrement supérieur à 2026. Le marché de l'emploi reste solide, avec un taux de chômage projeté autour de 5,2 %.
Inflation : L'indice des prix à la consommation devrait se maintenir dans la fourchette cible de 2 à 2,5 %, ce qui laisse présager une politique monétaire stable.
Démographie : Le Québec continue d'accueillir entre 50 000 et 60 000 immigrants permanents par an, ce qui alimente directement la demande de logements. La formation de nouveaux ménages, estimée à 35 000 par an, dépasse le rythme des mises en chantier dans plusieurs régions.
Taux hypothécaires : Le taux directeur de la Banque du Canada devrait se situer entre 2,50 et 3,00 % en 2027, ce qui placerait les taux hypothécaires fixes de 5 ans entre 3,80 et 4,20 % et les taux variables entre 3,25 et 3,75 %.
Prévisions de prix par région
Grand Montréal
Le marché métropolitain devrait afficher une croissance des prix de 3 à 4 % en 2027.
- **Unifamiliales** : Le prix médian devrait atteindre **640 000 à 660 000 $**, porté par la rareté de l'offre sur l'île et la demande soutenue en banlieue.
- **Copropriétés** : Croissance plus modeste de **2 à 3 %**, avec un prix médian autour de **390 000 $**. L'offre de condos neufs continue d'exercer une pression modératrice.
- **Plex** : Ce segment devrait connaître la plus forte appréciation, de l'ordre de **4 à 6 %**, tiré par la rentabilité locative et la rareté de l'inventaire.
Les secteurs à surveiller : Verdun, Saint-Henri, Villeray et les quartiers desservis par le REM dans l'Ouest-de-l'Île.
Ville de Québec
La capitale nationale devrait maintenir une croissance de 3 à 5 %, soutenue par un marché de l'emploi diversifié et un inventaire limité.
- **Unifamiliales** : Prix médian projeté autour de **370 000 $**.
- **Condos** : Croissance de **2 à 3 %**, avec une offre en hausse dans les quartiers centraux.
- Le secteur de Sainte-Foy et les quartiers proches de l'Université Laval restent les plus dynamiques.
Sherbrooke
Après des années de forte croissance, Sherbrooke devrait se stabiliser avec des hausses de 2 à 4 % en 2027. Le prix médian des unifamiliales pourrait atteindre 360 000 à 375 000 $. Le marché reste favorable aux vendeurs, mais l'écart de prix avec Montréal se réduit progressivement.
Gatineau
La demande fédérale et l'effet télétravail continueront de soutenir le marché gatinois, avec des hausses prévues de 3 à 5 %. Le prix médian des unifamiliales devrait atteindre 415 000 à 430 000 $. L'écart de prix avec Ottawa demeure un moteur puissant de la demande.
Trois-Rivières
Trois-Rivières conserve son statut de marché abordable avec un potentiel de croissance de 3 à 5 % en 2027. Le prix médian des unifamiliales devrait franchir la barre des 300 000 $, une première historique pour cette ville.
Régions éloignées
Les marchés des régions comme le Saguenay, le Bas-Saint-Laurent et l'Abitibi-Témiscamingue devraient connaître des hausses plus modestes, de 1 à 3 %. Ces régions offrent des opportunités intéressantes pour les acheteurs à la recherche d'abordabilité, mais la demande y est plus sensible aux conditions économiques locales.
Pour des données détaillées par ville, consultez notre page Tendances.
L'inventaire : le nerf de la guerre
Le nombre de propriétés à vendre est le facteur qui déterminera l'ampleur des hausses de prix en 2027.
Mises en chantier : La SCHL projette environ 48 000 à 52 000 mises en chantier au Québec en 2027, un niveau légèrement supérieur à 2026 mais insuffisant pour combler le déficit accumulé. Le déficit de logements au Québec est estimé à 100 000 à 150 000 unités par la SCHL.
Inventaire sur le marché de la revente : Le nombre de mois d'inventaire devrait passer de 4,2 mois (printemps 2026) à environ 4,5 à 5,0 mois au printemps 2027, un rééquilibrage progressif qui demeure toutefois en dessous du seuil de 6 mois qui caractérise un marché équilibré.
Facteurs de risque sur l'offre : Les coûts de construction, la pénurie de main-d'oeuvre et les délais d'approbation municipaux continuent de freiner les mises en chantier. Tant que ces obstacles ne seront pas levés, l'offre restera insuffisante pour répondre à la demande.
Les taux hypothécaires en 2027
Scénario central
Le taux directeur de la Banque du Canada devrait se situer à 2,75 % d'ici le premier semestre 2027, ce qui placerait les taux hypothécaires à des niveaux favorables :
- **Fixe 5 ans** : 3,90 à 4,10 %
- **Fixe 3 ans** : 3,70 à 3,90 %
- **Variable** : 3,50 à 3,75 %
Le mur de renouvellements
En 2027, une vague importante de renouvellements hypothécaires touchera les emprunteurs qui avaient contracté un terme de 5 ans en 2022, lorsque les taux étaient proches de leur creux historique (autour de 2,00 %). Ces ménages verront leurs paiements augmenter significativement, même si les taux de 2027 sont inférieurs au pic de 2023.
Cette réalité pourrait entraîner une augmentation modérée des mises en vente, certains propriétaires choisissant de vendre plutôt que d'absorber la hausse de paiements. Cet apport d'inventaire contribuerait au rééquilibrage du marché.
Le meilleur moment pour acheter en 2027
Premier trimestre (janvier-mars)
Historiquement, c'est la période la plus calme du marché. La concurrence est moindre, les vendeurs sont plus motivés et les prix sont souvent légèrement inférieurs à la moyenne annuelle. C'est un bon moment pour les acheteurs qui peuvent affronter les visites hivernales.
Deuxième trimestre (avril-juin)
Le printemps est la saison la plus active. L'inventaire est au plus haut, mais la concurrence entre acheteurs est également à son maximum. Les prix atteignent souvent leur sommet annuel durant cette période.
Troisième trimestre (juillet-septembre)
L'été offre un créneau intéressant, surtout en août lorsque le marché ralentit. Les vendeurs dont la propriété est en vente depuis le printemps sont souvent plus enclins à négocier.
Quatrième trimestre (octobre-décembre)
L'automne est la deuxième meilleure période pour acheter. L'inventaire diminue, mais les vendeurs restants sont généralement motivés à conclure avant l'hiver.
Facteurs de risque pour 2027
Plusieurs éléments pourraient modifier ces prévisions :
1. Un rebond de l'inflation forcerait la Banque du Canada à maintenir des taux plus élevés, freinant la demande et les prix.
2. Un ralentissement économique majeur pourrait réduire la confiance des consommateurs et le volume de transactions.
3. Des changements réglementaires — nouvelles règles de qualification, taxe sur les propriétés vacantes, restrictions sur les achats étrangers — pourraient avoir des effets imprévus.
4. Une accélération des mises en chantier au-delà des projections ajouterait de l'inventaire et modérerait les prix, particulièrement dans le segment des condos.
FAQ
Les prix immobiliers vont-ils baisser au Québec en 2027 ?
Une baisse généralisée est très peu probable. Le déficit structurel de logements, la croissance démographique et des taux hypothécaires favorables maintiennent une pression à la hausse sur les prix. Des ajustements ponctuels sont possibles dans certains segments (condos neufs dans des secteurs surconstruits), mais le marché dans son ensemble devrait poursuivre sa croissance modérée.
Quelle région offre le meilleur potentiel d'investissement en 2027 ?
Les villes de taille moyenne comme Trois-Rivières, Drummondville et Sherbrooke offrent un rapport rendement-risque intéressant, avec des prix encore abordables et une demande soutenue. Pour les investisseurs en immeubles à revenus, le Grand Montréal reste le marché le plus profond et le plus liquide.
Faut-il attendre 2027 pour acheter ou acheter maintenant ?
Si vous êtes qualifié et que vous trouvez une propriété qui répond à vos besoins, les conditions actuelles (printemps 2026) sont favorables. Attendre dans l'espoir d'une baisse de prix est rarement une stratégie gagnante dans un marché où la demande structurelle dépasse l'offre. Les baisses de taux anticipées pour 2027 pourraient d'ailleurs stimuler la demande et pousser les prix à la hausse.
Comment se préparer pour acheter en 2027 ?
1. Commencez à épargner pour votre mise de fonds dès maintenant.
2. Réduisez vos dettes pour améliorer votre ratio d'endettement.
3. Obtenez une préapprobation hypothécaire 120 jours avant votre période d'achat cible.
4. Suivez les tendances du marché sur notre page Tendances et consultez notre rapport 2026 pour les données les plus récentes.
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Les données et prévisions présentées dans cet article sont fondées sur des sources publiques, notamment la Banque du Canada, la SCHL, Statistique Canada et les rapports de l'APCIQ. Ces projections ne constituent ni des garanties ni des conseils financiers ou immobiliers. InfoQuartier ne fournit pas de services de courtage. Pour toute transaction, consultez un courtier immobilier certifié par l'OACIQ.